Ce n'était pas l'arrivée en tant que telle qui était étrange, ni la robe, ni le carosse, c'était la personne.
Marylune de la Mirandole... mais que diable la Baronne d'Entrammes viendrait faire chez le blondinet? Cette visite était tout à fait inattendue et la rouquine n'arrivait parfois pas à y croire elle-même.
Elle était venue de par sa propre initiative et bien que cela soit son idée, d'étranges sensations envahissaient ses poumons. Elle n'aimait pas la raison de sa visite. Elle n'aimait pas ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Elle allait marcher sur sa fierté et plonger dans la honte pour le bien-être de sa fille. Elle savait depuis la mort de son fiancé Gaelant que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire pour Charlotte Ember, car il lui fallait un père. Elle n'avait toutefois pas eu le courage et encore moins le désir de faire ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Son souffle s'évapora de ses lèvres alors qu'elle soupira dans le froid glacial de l'hiver. Là, devant la porte, Marylune avait l'impression d'avoir un pied dans la tombe. Et s'il refusait? Et s'il lui riait au nez? Il aurait tout à fait le droit après tout ce qu'elle lui avait fait endurer. Toutefois, quelque chose en elle lui laissait croire qu'il serait ravie.
Elle était venue seule et personne ne savait ce qu'elle s'apprêtait à faire. Pas même Eymerick, ni même Lynette. C'était suffisamment difficile pour elle comme ça. Elle n'avait pas besoin que quelqu'un lui demande comment ça s'était déroulé, surtout pas après un possible échec et/ou une humiliation. Elle ignorait ce qu'il en résulterait, jusqu'où elle aurait la force d'aller, mais elle devait foncer.
Marylune de la Mirandole, baronne d'Entrammes.
Je suis venue voir le vicomte d'Ambrières. C'est... important.